Bilan diagnostic kinésithérapique : ce qu'il faut savoir pour le facturer correctement
Le BDK est obligatoire pour tout traitement, mais son contenu, sa cotation et sa transmission au médecin sont mal maîtrisés. Guide complet 2026.

Le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) est l'acte fondateur de toute prise en charge en cabinet. Obligatoire depuis 2002, revalorisé par l'avenant 5 (2018), il reste pourtant mal maîtrisé : contenu insuffisant, refacturation oubliée, transmission au médecin négligée. Petit guide pour faire les choses bien.
Le cadre réglementaire
Le BDK est défini par le décret de compétences du masseur- kinésithérapeute (art. R. 4321-2 du Code de la santé publique) et la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels).
Il est obligatoire pour toute prise en charge en cabinet — pas une option, pas un acte « si tu veux ». Sans BDK, la prise en charge est techniquement irrégulière, et la facturation des séances peut être contestée par l'Assurance Maladie en cas de contrôle.
Cotation et tarifs (depuis avenant 5)
Deux types de BDK selon la pathologie :
| Type | Indication | Cotation | Tarif (post-avenant 7) |
|---|---|---|---|
| BDK fonctionnel | Rééducation fonctionnelle / appareil locomoteur, périnéo, etc. | AMK 10,7 | ≈ 23,69 € |
| BDK neuro / musculaire | Affections neurologiques et musculaires (hors lésions radiculaires) | AMK 10,8 | ≈ 23,90 € |
Note : la cotation reste AMK même avec la nomenclature NGAP post-2024.
Quand facturer le BDK
Le BDK est facturable dès la première séance et de façon récurrente selon le volume de séances.
BDK fonctionnel
- À la 1ère séance de la première série
- À la 30e séance
- Puis toutes les 20 séances suivantes (50e, 70e, 90e…)
BDK neuro / musculaire
- À la 1ère séance de la première série
- À la 60e séance
- Puis toutes les 50 séances suivantes (110e, 160e…)
C'est un acte refacturé indépendant, non cumulable avec une séance le même jour (sauf exception : le BDK peut être réalisé le même jour qu'une séance, mais seul le BDK est facturé ce jour-là).
Erreur fréquente : oublier la refacturation au 30e ou 60e. C'est souvent quelques milliers d'euros qui partent en fumée chaque année.
Le contenu obligatoire
Le BDK est un document écrit, daté, signé. Il doit comporter au minimum :
1. Identification
- Patient (nom, date de naissance)
- Date du bilan
- Kiné réalisant le bilan (nom, n° RPPS)
- Médecin prescripteur
2. Motif et antécédents
- Diagnostic médical de prescription
- Histoire de la maladie
- Antécédents médicaux et chirurgicaux pertinents
- Traitements en cours
3. Examen kinésithérapique
- Anamnèse : symptômes, douleur (EVA), retentissement fonctionnel
- Examen morphostatique et inspection
- Bilan articulaire (amplitudes goniométriques)
- Bilan musculaire (force, tonus, contractures)
- Bilan sensitif et trophique si pertinent
- Tests fonctionnels spécifiques à la pathologie (TM6, Berg, ARAT, hop tests, etc.)
4. Diagnostic kinésithérapique
Distinct du diagnostic médical — il porte sur les déficits fonctionnels, limitations d'activité et restrictions de participation (modèle CIF de l'OMS).
5. Objectifs et plan de traitement
- Objectifs court et moyen terme, mesurables
- Techniques envisagées
- Fréquence et durée prévisionnelle
- Critères d'évaluation et de fin de prise en charge
6. Transmission
Le BDK doit être transmis au médecin prescripteur sous forme de fiche de synthèse (CR de bilan). C'est une obligation réglementaire — souvent oubliée.
Et la fiche de synthèse / compte-rendu ?
C'est un résumé du BDK envoyé au médecin traitant + prescripteur, typiquement 1 page. Doit contenir :
- Diagnostic kiné
- Plan de traitement
- Objectifs poursuivis
- Date de réévaluation prévue
À renvoyer aux mêmes échéances que le BDK (1ère séance, 30e/60e, etc.) et en fin de prise en charge.
Erreurs fréquentes à éviter
1. Le BDK formel manquant
Beaucoup de cabinets travaillent « sans BDK formalisé » — anamnèse orale, notes dans le logiciel, mais pas de document structuré daté signé. Risque en cas de contrôle CNAM : récupération d'indus, voire déconventionnement.
2. La cotation oubliée
La facturation du BDK initial est généralement faite. Celle du 30e ou 60e séance est fréquemment oubliée. Programme ton logiciel pour te le rappeler automatiquement (la plupart le permettent).
3. Le compte-rendu au médecin négligé
Obligation légale rarement respectée en pratique. Pourtant : c'est ta meilleure interface avec le médecin traitant, un signal de professionnalisme, et une protection médico-légale.
4. Le BDK « copier-coller »
Un BDK générique recopié d'un patient à l'autre ne tient pas en cas de contrôle. Il doit être individualisé et refléter ton examen réel.
Ce que ça change concrètement pour ta pratique
1. Standardise ton modèle de BDK
Templates par pathologie type (lombalgie, post-op, neuro, etc.). Gain de temps massif et qualité homogène. La plupart des logiciels métier proposent des trames.
2. Programme les refacturations
Alarme à la 30e séance (BDK fonctionnel) ou 60e (BDK neuro/musculaire). Une fois en routine, c'est plusieurs centaines à milliers d'euros récupérés par an.
3. Envoie systématiquement le CR
À chaque BDK, génère le CR de synthèse et envoie-le par voie sécurisée (MSSanté idéalement) au médecin traitant et prescripteur. Trois minutes qui changent la perception du cabinet.
4. Forme tes remplaçants
Un remplaçant doit pouvoir produire des BDK conformes. Documente ton modèle, partage tes templates, fais une passation rapide. C'est aussi le moment de t'apercevoir des trous dans ta propre pratique.
5. En accès direct, c'est encore plus critique
Le BDK est ta première ligne de défense médico-légale. Si tu pratiques en accès direct (loi Rist), pas de BDK formel = pas de couverture professionnelle.
Pour aller plus loin
- ameli.fr — page « Le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) au service de la pratique du masseur-kinésithérapeute ».
- Nomenclature NGAP — chapitre II et chapitre III, dispositions spécifiques aux actes de kinésithérapie.
- Conseil National de l'Ordre des MK — modèles de BDK et CR téléchargeables.
Les remplacements bien organisés sur Kinexion fournissent généralement les templates de BDK du cabinet — un détail qui fait gagner du temps quand on arrive en remplacement.
Écrit par
Équipe éditoriale KinexionRédaction Kinexion — kinés, juristes santé, ingénieurs
L'équipe éditoriale de Kinexion réunit des kinés DE, des juristes spécialisés en droit de la santé et des développeurs basés en France. Chaque article est sourcé sur la littérature scientifique internationale (Cochrane, BJSM, NEJM, JAMA) et les recommandations officielles françaises (HAS, Ordre des kinés, ameli.fr). Pas de remplissage SEO, pas de paraphrase de communiqué, pas de contenu généré sans relecture humaine.
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